gael a écrit : "Encore un festival réussi pour l'édition 2004 du Rock dans tous ses Etats ! Bronzette, bonne humeur, ambiance, stands intéressants, beaucoup beaucoup de musique et quelques surprises... Voici le bloc-note Cosmosonic et quelques photos pour cette édition 2004...
Vendredi : il y a un seul problème dans l'organisation quasiment sans faille de ce festival, c'est qu'on a mis à peut prêt autant de temps pour se rendre à Evreux, que du centre d'Evreux au festival ! Le problème c'est qu'il y a une seule route pour accéder aux parkings (étrangement fermés à 17h00) d'ailleurs, enfin dans notre cas à une place sur le bord de la route, et qu'on s'est coltiné des bouchons de fous pendant plus d'une heure. Les autres années, c'était beaucoup plus fluide.
Donc tout ça pour dire qu'on est arrivés en retard, et c'est dommage car on a loupé The Divine Comedy, à part leur dernier morceau et c'était très bien...
La soirée a donc commencé, avec une surprise : la foule ! Oui il y avait beaucoup de monde le vendredi soir, presque un peu trop, on n'avait jamais connu autant à vrai dire. L'explication était sans doute la présence de -M- le soir même, car le lendemain samedi soir, c'était redevenu raisonable (ça fait bien dans les 10 000 personnes quand même !).
A vrai dire ce soir là on a surtout été marqués par -M-, Buck 65 et Toots and the maytals...
-M- parceque c'était vraiment l'attraction du jour et que son show est parfaitement (trop ?) rodé si ce n'est excellent. Le coté petit chat au bord de la crise de nerf de -M- n'a pas été trop visible ce soir là et c'est tant mieux... C'était simple, efficace et aussi original, comme lorsqu'il invite quelqu'un dans le public et lui offre la possibilité de jouer une de ses chansons devant son public !
Buck 65, c'est le genre de groupe qu'on ne sait pas si on aime vraiment, mais on reste quand même scotché car "il y a quelque chose". Le quelque chose c'est sans doute pour beaucoup la personalité du chanteur, très speed, très nerveux dans sa combinaison blanche de peintre en batiment. Enfin pour ceux qui connaissaient Buck 65 en tant que chanteur (hip-hop/rock) qui se produisait seul, et bien sachez qu'il joue maintenant avec un vrai groupe !
Toots and the maytals, c'est un peu comme un gros bonbon bien sucré, bien gras, genre chichi avec de la confiture ! C'est de la musique on va dire... pas innovante, genre back to the sixties, mais c'est tellement bien que c'est dur de ne pas apprécier et de rentrer dans ce reggae aux couleurs très soul... Du grand professionalisme... à l'ancienne.
Question déception, on citera les "Von Bondies", qui ne méritent sans doute pas du tout la comparaison avec les White-Stripe trouvée dans le livret du festival ! Set très approximatif.
Mais pas d'avis définitif sur ce groupe néanmoins car ils étaient déservis par un son vraiment pourri. Aux ingés son : c'est sans doute très tentant d'utiliser vos belles reverb numériques à 10 000 euro, mais franchement c'est vomissible, surtout sur les caisse-claires. Idem pour les grosses caisses et les basses... les sonos sont tellement efficace maintenant qu'on s'en prend plein la tête à chaque fois que le batteur met le pied dans le kick, et franchement c'est incompatible avec un son d'ensemble équilibré, c'est de la poudre aux yeux. Quasiment le seul groupe entendu sur les grandes scènes qui n'a pas subi ce double travers de sonorisation (son de caisse claire trop clinquant, et basse-grosse caisse qui t'explose les poumons), ce fut Supergrass le samedi, alors ça mérite d'être signalé ! Et c'est un amateur de basse-grosse caisse qui l'écrit !
Avant de passer au samedi, il faut signaler trois choses concernant le festival Rock dans tous ses Etats : 1) les stands en général et de bouffe en particulier : c'est très varié et sympa... On apprécie beaucoup de pouvoir se prendre un verre de poiré, et d'avoir un choix qui dépasse la frite-saucisse / piemontaise ! On y trouvait cette année différents kebabs, un grand stand chinois, un stand indien qui proposait une spécialité très épicée saine et excellente à la fois, un stand qui confectionnait des cockatils d'excllents jus de fruit frais etc. C'est appréciable de pouvoir se nourrir assez convenablement pendant deux jours.
2) L'oganisation est très bonne dans son ensemble, et les services de santé son là, bien visibles, prêts à intervenir en cas de besoin...
3) une petite note positive et négative également : les garçons
apprécient de pouvoir poser leur verre de bierre au dessus des pissotières pendant qu'ils doivent s'occuper de leur braguette, mais les filles n'apprécient pas trop de devoir faire des queues de 20 minutes pour aller aux toilettes ! Ca coûte si cher que ça les locations de sanitaires autonomes ?
Passons donc au samedi...
Le samedi fut aussi intéressant que le vendredi, et même peut-être même davantage ! Un seul regret : avoir raté Broken Social Scene, mais peut-être que les lecteurs présents pourront témoigner dans les commentaires...
Beaucoup de choses donc comme les joutes verbales (un peu agaçantes finalement) des Faulous Troubadors (mais il semble que ça plait aux filles), le set très frais et sans prétention de Sanseverino (qu'on a d'ailleurs aperçu faire son tour presqu'un incognito dans le festival dans l'après-midi, en costume de scène !), et la prestation torturée du non moins torturé Daniel Darc (ex Taxi-Girl, groupe français des années 80 dont un des autres membres n'est autre que Mirwais qui a signé les deux derniers Madonna !).
On attendait avec impatience Supergrass [photos], qui nous reviennent en force avec un nouvel album, après une longue pause salvatrice. Et ce fut non un choc mais une confirmation. Malgré un début de set un peu mou, les 4 champions de Supergrass, malgré leur incroyable stacitité sur scène ont sû faire bouger les déjà vieux que nous sommes, et les plus jeunes (on a vu slammer plus d'un énergumène à peine pubère), avec comme arme un talent musical évident, et des titres qui après quelques années de recul font figure de véritables standards...
A ce stade il faut révéler un scoop : il a plu au festival du Rock dans tous ses Etats ! Oui, c'était pourtant le festival où il ne pleut jamais. Et bien, il a plû. Oh certes, pas grand chose... quelques gouttes, quelques minutes, une petite bruine que la chaleur dégagée par les spectateurs de Supergrass a immédiatement vaporisée. Donc rien de méchant, on est allé ensuite se rassoir par terre sans la moindre hésitation et on s'est relevés le cul sec. Mais quand même, on peut le dire, la légende a vécu.
L'autre grand moment du samedi, c'est sans doute Ben Kweller [photos]. On n'attendait pas grand chose finalement de cet espèce de dandy juvénile premier de la classe dans la catégorie rock garage et folk, on s'attendait à un énième coup médiatique, genre feu de paille, qu'on était déjà étonné de le voir programmé à un festival rock. En fait. Et pourtant, quelle classe ! ce type dégage quelque chose, c'est certain. Les titres se tiennent, la prestation est énergique, voire musclée. Ca sent bon le mélange bien américain de spontanéité et de métier. Donc Ben Kweller, artiste à suivre car il a sans doute du talent à revendre, s'il ne prend pas la grosse tête trop vite vu le petit succès qui lui court aux fesses si jeune.
Et puis le soir, il y aura Bashung, sans surprise mais relativement en forme. Sans doute un grand moment pour les amateurs. Et Keziah Jones, qui revient à la mode malgré un handicap majeur : ce gars-là a composé en tout et pour tout une chanson (le hit "Love is a rythm"), et rien d'autres. Ce qui fait qu'on s'est quand même tapés un set d'une heure et demi de remplissage funk, ce qui n'augure rien de bon pour la suite de la carrière artistique du monsieur.
On a vu aussi les Raptures, et c'était bien, malgré qu'on avait l'estomac vide et qu'on était donc moins attentifs (amis lecteurs, à vous !).
Et on en arrive à un point très appréciable de ce festival, c'est 1) le village de Papa's Production, le Papa-mobile ! un petit village organisé autour de caravanes qui permettent de fournir toute l'infrastructure nécessaire pour se faire produire des groupes moins connus mais intéressants (on y a vu entre autres, Sofa et Marteen) 2) le Banana Club, un chapiteau dans lequel se produisent des artistes déjà confirmés, mais pas très connus non plus.
Et donc au Banana Club, on a vu (à part pas mal d'ennuyeusetés technoïdes), un groupe qui valait le déplacement à lui seul : Prototypes, groupe de punk français avec des réminiscences des années 80. Une chanteuse très naturelle, qui ne se la joue pas, et pourtant un
groupe qui affiche du charisme, une facilité de composition populaire mais ni racoleuse, et une puissance musicale incontestable. Une sorte de mélange de Blondie et des Rita Mitsouko. On a bien aimé le très entrainant "Danse sur la merde (qui passe à la radio)". C'est nouveau, c'est très très bien et on vous reparlera sans doute de Prototypes (on a déjà trouvé le disque , étonnament publié par Universal !).
L'édition 2004 du Rock dans tous ses Etats était donc excellente, malgré la légende qui s'est écroulée (il a plu, quelques minutes). Et la ville d'Evreux c'est finalement un endroit très sympatique pour prendre un petit dej et flaner un peu avant la reprise des concerts l'après-midi.