Né de la volonté de plusieurs labels indépendants d'emettre leur musique sur le web sans se soumettre à la loi des majors et de leurs stratégies de marchand de tapis, l' Independant Music Shop est une plate-forme de téléchargement regroupant des artistes signés chez les Indés. Un peu moins chère que les dinosaures de l'internet qui se partagent le marché du disque, la plate-forme a ceci de spécifique qu'elle utilise une technologie sans GRM (gestion des droits numériques), bride qui souvent, empêche l'utilisateur d'utiliser la musique comme, où et quand il l'entend.
On n'arrête pas le progrès. La technologie numérique, objet de défiances pour les majors qui crient au loup dans leur bergerie, permet néanmoins à ces industriels qui dirigent les grosses maisons de disque de limiter l'utilisation des chansons téléchargées sur les plates formes légales. Ainsi, selon les systèmes mis en place, on ne pourra écouter le morceau que sur son ordinateur personnel sans copies possibles. Si la possibilité de copier le morceau s'offre, elle peut se limiter à la duplication sur un baladeur, un cd, ou un assistant numérique selon les systèmes. La logique : brider au maximum l'utilisateur pour le faire passer plusieurs fois à la caisse (téléchargements, achats de disques, sonneries de portables... ).
La plate-forme qui vient d'ouvrir ses portes a refusé de s'inscrire dans ce système. Regroupant plusieurs labels indépendants, elle a été créée à partir de ce postulat : "les labels indés, [...] depuis toujours font la créativité, la diversité et la richesse de notre univers musical." On trouve ainsi dans le projet des distributeurs, gérants de labels, presseurs... Tous ont un fort vécu au sein de l'industrie musicale indépendante, et tous ont voulu offrir un espace de diffusion au maximum intègre. "Nous souhaitons à travers cette nouvelle plate-forme de téléchargement offrir une vitrine du milieu indépendant, donner toute la place qu'ils méritent aux artistes, musiciens (avec ou sans contrat), autoproduits, petits, moyens, ou gros labels."
Autre point de démarcation : les créateurs de la plateforme ont refusé le format de compression mp3, car il implique des frais de redevance. Pour le remplacer, le format Ogg Vorbis a été choisi pour sa compatibilité avec tous les systèmes d'exploitation majeurs (Mac, Linux, Windows), et pour sa gratuité : développé par le logiciel libre (Linux), il ne fait l'objet d'aucun brevet, et peut être utilisé gratuitement.
Actuellement, la plate- forme réunit une trentaine de labels, de tous styles, à l'auditeur de tracer son parcours, écouter ce qui se fait. Vus au vrac dans le catalogue : les fabuleux Hawaii Samuraii (Surf 'n roll), Bed (pop-rock), Neurotic Swingers et Dirteez, (punk-rock), Shannon Wright qu'on ne présente plus.... Bref beaucoup de bonnes choses. On pourrait discuter sur le tarif mis en place (0,90 Euros par chanson, 9 Euros l'album) qui s'il n'est pas excessif, représente quand même des formats compressés, de moins bonne qualité que sur cd (beaucoup de ces artistes vendent leurs disques à des prix qui ne dépassent pas beaucoup leurs équivalents "virtuels"), mais bon : on ne va pas faire de mauvais esprit, l'initiative mérite d'être saluée... Aucune raison maintenant d'aller télecharger ses morceaux préférés chez l'"agitateur" qui n'agite rien d'autre que sa tirelire.
greg